Infrastructures

Une nouvelle unité de production hydroélectrique à Conflan

CONSTAT

La question de l’indépendance énergétique revêt un enjeu crucial depuis l’annonce de pénuries d’électricité. Or une vision à long terme dans ce domaine ne peut reposer que sur le développement de solutions valorisant les énergies renouvelables, en tête desquelles l’énergie produite par des centrales hydroélectriques, telles que celle de Conflan, envisagée il y a plus de 20 ans sur un site français en aval de Chancy mais abandonnée pour des motifs environnementaux autant que pour des raisons de coût de production ; ce deuxième motif a cessé d’être valable dans l’intervalle.

Outre la question de l’accès à l’énergie, la maîtrise des prix de l’électricité est un enjeu de politique intérieure fondamental. C’est la raison pour laquelle l’augmentation de la capacité d’autoproduction est un atout qui justifie de forts investissements publics dès lors que le courant généré, de surcroît issu d’une source propre et renouvelable, permet de consolider une offre publique et régulée au niveau des prix afin d’assurer une stabilité des prix à la population et aux entreprises.

MESURE

Un projet binational, franco-suisse, sous l’égide du Grand Genève, en partenariat avec les Services industriels de Genève (SIG) et le concessionnaire français du Rhône pour la production d’hydroélectricité (CNR), de nouveau barrage sur le cours du Rhône au lieu-dit Conflan, permettant d’augmenter significativement la production autonome d’électricité au bénéfice du canton de Genève. Ce projet est planifié sur dix ans, avec une première pierre posée au plus tard dans 5 ans.

ARGUMENT 1 – Quoi ?

Hormis un projet valaisan en haute montagne (Zermatt), la Suisse n’a plus de projet de nouveaux barrages. Un projet transfrontalier représente une opportunité historique : structurer un bassin de vie autour d’un projet vital et renforcer la capacité de production, avec un système de repompage permettant de stocker l’eau et de l’utiliser où les besoins en électricité sont les plus importants.

ARGUMENT 2 – Pourquoi ?

Abandonné à une époque où le kWh d’électricité s’achetait à 3 centimes, ce projet prend une autre dimension à un moment où le même kWh s’achète à 75 centimes. Dans ce contexte, la production indigène d’électricité est non seulement rentable mais surtout extrêmement stabilisante pour l’approvisionnement. En fonction de la négociation avec nos partenaires français, on pourrait assurer 10% des besoins cantonaux en électricité, par une production indigène totalement libérée des aléas internationaux.

ARGUMENT 3 – Comment ?

Un important travail préalable doit être réalisé –  des échanges avaient déjà eu lieu à haut niveau entre la Suisse et la France il y a une décennie –  aux niveaux national et cantonal. L’urgence climatique impose l’octroi d’autorisations rapides, malgré  la tension qui devra être arbitrée intelligemment entre la protection de l’environnement (berges, faune) et la production de courant.

CHIFFRES-CLÉS

SIG – Coût envisagé en 2009 : 220 millions de francs suisses financés à parité CH/FR